Téléphone

« Tenez Julie, c’est pour vous.

— Ah ? Merci… Oui allô ?

— Julie ? C’est moi.

— Ah bah, pourquoi tu m’appelles au boulot ? Ça va ?

— Plus ou moins, oui.

— Ben qu’est ce qu’il y a ?

— Non, je t’appelle parce que je suis repassé à la maison là.

— Oui ? Et ?

— Et on a reçu un colis, apparemment.

— Ah oui ?…

— Oui. Il y a quelque chose que tu veux me dire ?

— Bah, euh… C’est peut-être pour mon anniversaire ?

— Ton anniversaire dans cinq mois, tu veux dire ?

— Très très en avance ?

— Tu as encore commandé un sac à main.

— Mais…

— Tu sais bien qu’on est juste, ce mois-ci…

— Oui mais…

— Mais quoi ?

— Ben… Il est vraiment, vraiment beau, tu sais ?

— Ah bah ça, au prix que ça coûte…

— Ah, tu as ouvert ?…

— J’ai ouvert, oui. Je ne suis pas fan, d’ailleurs…

— Rabat-joie…

— Et tu pensais me le cacher comment, dis-moi ?

— …

— Julie ?

— Oui, oui, je suis là… Je ne pensais pas que tu repasserais aujourd’hui…

— Eh bah au moins je sais que tu ne me trompes pas, tu te serais fait gauler depuis longtemps…

— C’est pas drôle…

— Ah si, si, c’est drôle. Par contre, ce qui va se passer ce soir quand tu rentreras, ça va l’être beaucoup moins, pour le coup…

— Mais…

— Oui ?

— C’est pas gentil, ce que tu fais…

— Je te l’ai déjà dit, ce n’est pas fait pour être gentil…

— Mais non mais de m’appeler, comme ça… Je vais y penser toute la journée…

— Tant mieux ! Tu vas peut-être te tenir…

— Mais je suis sage…

— Ah bah j’étais plutôt content cette semaine, oui… Voire ce mois-ci….

— Alors… Tu vas être gentil et ne pas trop me gronder ?

— Julie… Tu vas rentrer ce soir, tu vas aller te mettre en pyjama et je t’attendrai dans le salon.

— Mais…

— Ne discute pas…

— Si je raccroche, là, je me fais gronder ?

— N’y pense même p— »

*clic*

Fichue pour fichue… Elle a le feu aux joues. Elle regarde l’écran de son ordinateur, mais impossible de se concentrer. Il va être furax… C’était pas très malin de lui raccrocher au nez… En même temps, il abuse, aussi… Il sait que ça va la stresser. Il adore ça, en fait. Bon, elle aussi… Mais zut, quoi ! Bon, d’ici à ce soir il sera un peu calmé… Mais il aura eu tout le temps de se préparer… Oh là là…

Elle y passe toute l’après-midi, les choses se bousculent dans sa tête. Elle appréhende. Elle a hâte. Il l’énerve. Il a raison. Elle veut son sac. Elle n’avait vraiment pas besoin d’un nouveau sac. Mais si. Puis il est beau. Qu’est ce qu’elle va prendre… Mais il va être tendre après… Elle a beau essayer, elle n’arrive pas à travailler. L’heure arrive.

Le trajet lui semble long. Elle a l’impression que ses fesses chauffent déjà sur le siège de la voiture. La sienne est garée devant la maison quand elle arrive. Elle sort de sa voiture, va jusqu’à la porte, respire un grand coup, et entre.

« Je suis là ! »

Il ne répond pas. La boule au ventre, direct. Elle se déchausse et file dans la chambre se mettre en pyjama, comme il lui a dit. Ce n’est pas le moment de faire la maline, apparemment. Elle se mord la lèvre en enfilant son bas de pyjama. Bon, sa culotte n’est pas trop mal, au moins, il va peut-être la lui laisser. Elle aime bien se raconter des histoires, ça la rassure, même si elle sait bien ce qui l’attend. À petits pas, elle revient dans le salon et vient se planter devant lui, les mains jointes sur le ventre, le regard hésitant.

« Tu ne m’as pas entendu ?…

— Si.

— Ah… »

Il ne dit rien de plus.

« Tu es fâché ? »

Il soupire.

« Oui Julie, je suis fâché.

— Je suis désolée d’avoir raccroché… Pardon…

— Et ?

— Je suis désolé d’avoir encore acheté un sac…

— Et ?

— Euh… C’est tout, non ? J’ai été sage…

— Tu m’as menti.

— Par omission…

— Ça reste un mensonge !

— Mais non… J’ai juste pas tout dit…

— Julie…

— D’accord…

Elle ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, mais son regard l’en dissuade. Résignée, elle se met en travers de ses genoux sur le canapé, les jambes légèrement repliées. Elle empoigne un coussin. La punition est dure, il n’attend pas pour lui baisser le pantalon, puis la culotte ; mignonne ou pas, elle se retrouve aux genoux. Elle pensait que ses fesses chauffaient dans la voiture, elle avait tort. Des belles claques à pleine main, lourdes, régulières. Une fesse, l’autre. Il commence à bien avoir l’habitude, ça se sent. Il ne la laisse pas respirer. Elle ferme les yeux, le visage enfoui dans le coussin.

Enfin, il s’arrête. Elle prend une grande respiration.

« Je suis désolée… Tu me pardonnes ?

— J’ai pas fini.

— Quoi ?

— Lève-toi. »

Elle hésite un moment, suffisamment pour gagner une claque de plus.

« Debout, Julie, hop ! »

Elle obéit, se frotte les fesses discrètement. Elle entend le bruit, le déclic de la ceinture. Elle se tourne vers lui.

« Non… Non, s’il te plaît… J’ai été sage…

— Ce n’est pas la première fois que tu me fais le coup…

— Si ! La dernière fois je m’étais trompée…

— Et la fois d’avant ?

— Il me les fallait pour le mariage de ta cousine…

— Elles n’étaient même pas à ta taille, les blanches…

— Non mais elles étaient jolies…

— Mets-toi à genoux sur le canapé.

— Non.

— Pardon ?

— Je ne suis pas une chienne, pas à genoux.

— Mais non, rhooo, là, comme ça, face au dossier.

— Tu expliques mal, voilà.

— Bon, tu as fini oui ?

— Oui… »

Elle se met en position pendant qu’il finit d’enlever sa ceinture. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. La non plus, il n’y va pas de main morte. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Elle sert les dents pour le pas crier. Onze. Douze. Treize. Quatorze. Quinze. Il arrête.

« Plus de mensonges ? »

Elle ouvre la bouche. Sa respiration est haletante. Elle hoche la tête.

« Non… Promis…

— Plus de dépenses inutiles ?

— Mais c’est pas—

— Juliiiie !

— Non…

— D’accord… J’ai encore quelque chose pour toi.

— Non, s’il te plaît… J’en peux plus, s’il te plaît…

— Vas au coin, les mains sur la tête, je reviens. »

Avec un soupir malheureux, elle obéit. Il revient quelques minutes plus tard.

« Viens. »

Elle baisse les bras et revient se mettre face à lui. Il a un colis dans les mains.

« Non… Je te promets… Non…

— Ouvre, on verra bien…

— Mais…

— Ouvre. »

les larmes aux yeux, elle se bat un peu avec l’emballage, et finit par l’ouvrir. Elle pleure. C’est le portefeuille qui va avec son sac.

« Ça ne te plaît pas ?

— Je te jure, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai pas commandé les deux… Je suis désolée… Je…

— Mais non, bébête… Tu n’es pas aussi maline que tu le crois, j’ai bien vu la commande sur le relevé de banque.

— Hein ?

— Vu que tu avais été relativement sage… Je me suis dit que tant qu’à te faire punir, tu pouvais bien avoir les deux. Ne t’imagine pas que ça marchera deux fois.

— Mais… Tu… Tu m’as menti…

— Par omission ! »

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s