Vacances

« C’est une blague ?

— Ben…

— Je rêve…

— Ne te fâche pas…

— Julie. Tu as vérifié quatre fois que tu avais bien éteint le gaz, trois fois que tu avais bien fermé la porte d’entrée…

— Je sais mais…

— Je t’ai demandé si c’était bon, non ? Tu m’as dit que tu avais tout.

— Oui… Je sais…

— Mais… Comment on peut oublier sa propre valise ?

— Ben oui mais… Entre la tente, le pique-nique, ta valise, les sacs de rando, les chaussures…

— Ah bah ça, ton sac de chaussures, tu l’as, mais pas l’autre, quoi…

— Oui…

— Je ferais bien un commentaire mais ça risque méchant…

— Oui, non, on va éviter…

— Tu m’agaces…

— Je sais…

— Non mais là, tu m’agaces vraiment…

— Je sais…

— Arrête de dire que tu sais, ça m’agace.

— Je… euh… Oui, mon chéri…

— Bon… On fait comment, maintenant ?

— Ben…

— Pfff…

— Bah sinon, on peut faire du shopping, hein…

— Bah tiens, ça t’arrangerait bien…

— Te fâche pas…

— Ça fait quoi, deux heures qu’on est parti ? On va perdre quatre heures, quoi.

— Je s… Oui…

— Bah c’est super.

— On est pas pressé…

— Oh bah t’as raison, on va faire des tours de ronds-points pour s’occuper, aussi. Ça fera Disneyland.

— Arrête, s’il te plait…

— Tu m’énerves.

— Je ne t’agace plus ?

— Aussi.

— D’accord… »

Il prend la sortie suivante et fait demi-tour. Silence. Elle allume la radio. Ça capte mal. Elle voit son regard furieux dans le rétroviseur à chaque craquement. Elle éteint.

« Tu veux de l’eau ?

— Non.

— D’accord… Un biscuit ?

— Non, Julie, je ne veux pas de biscuit.

— Oui, mon cœur.

— Arrête.

— Quoi ?

— D’essayer de m’amadouer.

— Mais…

— Chut.

— Je sais que tu es fâché mais bon…

— Mais bon quoi ?

— Ben j’ai pas fait exprès…

— Et ?

— Et rien… C’était pas pour t’embêter, quoi…

— Tu m’as dit que c’était bon. Il faut toujours que je passe après toi ?

— Mais non, mais… »

Elle ne dit rien de plus. Elle a les larmes aux yeux. Elle tourne la tête et regarde le paysage défiler par la fenêtre. Il ne dit rien non plus, la mâchoire serrée. Trente minute. Pas un mot. Une heure. Elle se retient de pleurer. Au moins, s’il l’engueulait, ça passerait vite, là, le silence, c’est pire que tout. Ça commence mal, les vacances. Il met le clignotant.

« On s’arrête ?

— Oui.

— D’accord.

— Que tu dois d’accord ou pas, hein.

— C’est juste façon de parler…

— Je sais.

— Sois pas fâché comme ça… S’il te plaît… Je suis vraiment désolée.

— Rappelle-moi pourquoi on est parti tôt ce matin ?

— Pour éviter les bouchons…

— Et il va se passer quoi, maintenant ?

— On va tous se les taper…

— Voilà.

— Je peux conduire, si tu veux.

— C’est bon.

— D’accord… »

Ils s’arrêtent sur une petite aire de repos. Il se gare à l’ombre et éteint le moteur.

« Bon. On va s’occuper de ta fessée.

— Quoi ?

— Tu m’as très bien entendu.

— Mais…

— Mais rien du tout.

— On peut attendre d’être à la maison, au moins ? S’il te plait…

— Non. On est à mi-chemin et j’ai besoin d’une pause.

— Ben justement, il fau te reposer, mon chéri… Ça va te fatiguer…

— Incline ton siège jusqu’au bout et allonge-toi.

— Non, s’il te plaît… Ça va se voir.

— Il n’y a personne, ça va.

— Mais…

— Ne me fais pas répéter ou ce sera sur le capot, bien visible, même de la route.

— T’oserais pas…

— Tu veux tenter ta chance ?

— Non…

— Alors incline ton siège. »

Elle s’exécute, incline le siège et s’y couche tant bien que mal, les fesses un brin surélevées, offertes à ses douloureuses attentions. Il ne perd pas de temps et relève sa petite robe à fleurs avant de lui flanquer une première volée de claques par-dessus la culotte. Elle gémit doucement. La culotte se retrouve vite à ses genoux, pour le peu de différence qu’elle fait. Elle n’ose pas jeter un œil par la fenêtre pour vérifier que personne ne les voit. Les claques se font plus dures, sa respiration plus haletante. Elle ferme les yeux. Il continue, encore et encore, ses fesses, ses cuisses, il ne se retient pas.

Ils sont repartis. Elle gigote sur son siège, incapable de trouver une position confortable. Ses fesses brûlent. Bon, au moins il a allumé la radio et semble de bien meilleure humeur. Il lui en a promis une autre en arrivant à la maison. « Fichu pour fichu », qu’il lui a dit, « autant prendre notre temps, maintenant ». Quand ça l’arrange…

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