Douche

Sortant de la douche, elle prend une serviette et la passe doucement autour de sa taille. Le tissu frôle sa peau et elle frissonne, gémit à voix basse. Elle soupire. La douche froide n’a pas fait grand chose pour calmer la douleur des bleus sur ses fesses. Il y a été un peu fort…

Elle se tourne et relève la serviette pour jeter un oeil à sa croupe devant le grand miroir au mur. Aïe… Son pauvre petit cul… C’est pas possible d’avoir la main lourde comme ça… Oui, elle a encore oublié les factures, oui, elle a été un peu malpolie («Rhoo, tu vas pas m’emmerder avec ça…» si elle se souvient bien…), oui, elle a continué même quand il l’a prise sur ses genoux et commencé à la fesser («Oh non, p’tain !»). Oui, bon, elle était de mauvaise humeur, d’abord, et elle voulait qu’il continue un peu plus fort, un peu plus longtemps, ensuite.

Mais de là à aller chercher la brosse et de défaire sa ceinture ? Franchement…

Hésitante, elle tâte sa tendre chair. Aïe. La couleur est moins pivoine qu’avant la douche, mais elle est loin de son habituelle blancheur hivernale. Et puis les marques… Ça va rester un moment ça. Bon, elle n’avait pas prévu de sortir en bikini, heureusement. D’un doigt incertain, elle touche un des bleus, et immédiatement serre les fesses et gémit. AÏE.

«Julie ?» fait une voix derrière la porte de la salle de bains.

«Oui ?

—T’as bientôt fini ?

—Rho, ça va… Il est chiant aujourd’hui…

—Pardon ?»

Ah zut! Il n’a pas entendu, quand même ? Non… Il a plein de qualités, Thomas. mais c’est pas Superman, non plus…

«Presque, mon cœur !»

Mais déjà, la porte s’ouvre. Et il a déjà la ceinture à la main. Elle plisse les lèvres et pense: «Oh m…»

Non

Pour une petite cigale de passage

“Non, Julie, j’ai dit non

— Mais…

— Non, c’est non.

— Oui mais…

— Non, pas «oui», non.

— Pfffff… T’es vraiment pas marrant.

— Ben… non, apparemment je ne suis pas marrant, non.

— Bon, t’as fini de dire non ?

— Hé ! C’est quoi ce ton, là ?

— Rien, rien… Pardon…

— Je préfère, oui…

— Ah bah tu vois…

— Julie… Arrête de chercher…

— Mais je ne cherche pas, pfff…

— Et arrête de soupirer comme ça… Tu sais bien que je n’aime pas ça.

— Oh là là… Mais c’est le goulag ici… »

Il lève les yeux au ciel, referme son livre d’un geste sec et la regarde droit dans les yeux.

« Bon, ça suffit maintenant. Je ne te le dirai pas une fois de plus. »

Elle fait la moue et se tait un moment. Il rouvre son livre et cherche sa page en se maudissant de ne pas l’avoir marquée. Silence, enfin.

« Oh allez, ça peut être marrant ! »

Tant pis pour la page, le livre retombe sur la table basse et il l’attrape par le poignet, la cale sur ses genoux.

« Non, non, attends ! »

Il retrousse sa petite jupe d’été, celle qu’elle aime bien faire tournoyer. La petite culotte est crème, fine, de la dentelle sur les côtés. Celle-là, il l’aime bien, et elle le sait.

« S’te plaît… C’était juste pour essayer…

— Et je t’ai dit non, Julie, tu ne me fesseras pas, tu ne touches pas à mes fesses !

— Mais c’est pas juste !

— La vie est injuste, ma grande ! »

Et sur ce, les claques pleuvent, ignorant les jérémiades. Ses fesses, à elle, rougissent de plus belle. La culotte reste en place, il aime bien l’effet que ça fait, il aime bien jouer avec. Elle gémit, elle se cache la tête dans un coussin. Il sait bien à quel jeu elle joue. Il aime bien y jouer aussi. Malgré lui, il sourit.

La fessée passée, elle se love contre lui. Il a repris son livre ; il a retrouvé sa page. Il lui fait un bisou sur les cheveux.

« Oui bah n’empêche que c’est pas juste, hein…

— Non, mais, au final, ça te va très bien comme ça. »

Elle fait une petite moue et se serre un peu plus contre lui. Silence, enfin. Elle lève la tête.

« Mais juste une fois, pour voir ? »