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Elle en a envie. Là, maintenant. Elle veut qu’il la prenne. Sur ses genoux, d’abord. Qu’il retrousse sa courte robe d’été d’un geste sec. Pas de blabla, une punition dans les règles. Elle veut le sentir attraper sa culotte, la baisser aux genoux, puis ses mains couvrant ses fesses de claques entrecoupées de caresses. Elle veut sentir son pantalon se tendre sous elle, sous son ventre, alors qu’il la fesse sans merci. Elle veut entendre sa respiration se faire plus haletante, comme la sienne. Elle aime ses bras, ses mains qui peuvent être douces et dures à la fois. Elle aime être sur ses genoux, impotente, soumise. Elle veut qu’il la maintienne en position, qu’il lui prenne le poignet ou le bras, qu’il le lui coince dans le dos pour l’empêcher de protéger ses pauvres fesses. Elle aime savoir qui commande, qui mène la danse. Il lui passerait la main sur l’entrejambe, lui ferait un commentaire sur l’effet qu’il lui fait. Il en est fier, elle le sait. Elle ne peut pas s’empêcher, dès qu’elle est dans ses bras… Alors sur ses genoux…

Elle crierait, elle gémirait, elle le supplierait. Il n’en aurait rien à faire. Des claques bruyantes, des cris, des petits “nons”. Il continuerait. Longtemps. Elle veut du rouge, elle veut que ça marque, qu’elle le sente longtemps. Il la ferait se lever, admirerait son oeuvre. Il aime lui faire voir, devant le miroir, en photo. Un artiste, il est fier. Elle en a toujours le souffle un peu coupé — ce sont mes fesses ? Si rouges ?

Puis il l’allongerait sur le lit, le temps de défaire sa ceinture —la noire, la plus large, celle qui marque— et il la fouetterait jusqu’aux larmes. Elle sait que ça lui plaît, les larmes, même si ça n’arrive pas souvent. Il aime le goût salé quand il l’embrasse après. Elle sait que ça l’excite encore plus. Elle aime ses penchants.

Elle veut ses mains sur son corps, sur sa taille, ses hanches, sur ses seins nus, sa robe sur le sol de la chambre. Elle veut que sa bouche l’explore, elle le veut entre ses cuisses, sur elle, en elle. Elle veut sa peau contre la sienne. Hors de question qu’il garde sa chemise, elle veut pouvoir sentir sa peau, y enfoncer ses ongles. Elle veut sentir son souffle à son oreille, ses muscles qui se tendent, elle veut qu’il la serre, fort, elle veut le faire jouir.

Lui ? Il regarde le match. France-Pérou, puis l’Argentine après, apparemment. “Pas ce soir”, il lui a dit. Pfff…