Été

Il est en vacances. Pas elle. Quand elle rentre le soir, il est content de sa journée. Il aime le calme. C’est un peu vexant, d’ailleurs. Il en profite pour faire un de ses fameux nettoyages de printemps. Bon, en plein été, mais c’est le même principe. Elle appréhende un peu à chaque fois. Tout ce qui traîne y passe, le tri est minimal. En général, elle fait attention à mettre certaines choses à l’abri. Il fait les placards, traquant ce qui est périmé ou qui va l’être bientôt. Il vide le frigo pour le nettoyer, dégivre le congélo… Les magazines qui ont plus de deux semaines, pouf ! à la trappe. Il garde juste les National Geographic et les Courrier International. Il ne les relit quasiment jamais, mais au cas où. Elle, son bazar organisé, elle le retrouve sens dessus dessous. Il lui parle de zen et de feng shui, elle pense surtout qu’il est un peu maniaque. Une place à chaque chose, chaque chose à sa place… C’est un peu rigide, quoi.

Mais au moins, il fait bien la cuisine, ça sent toujours bon quand elle revient. Il a le temps, hein. Il fait ses petites courses entre deux tours à la déchèterie, après son petit ménage. Elle pense qu’elle va lui trouver un tablier de cuistot, ça le fera marrer. Ou pas. Elle oui, en tout cas. Il est plein d’énergie quand elle rentre, plein d’attentions. Elle, elle est crevée. Il fait trop chaud au bureau, ça la fatigue. Les clients sont casse-pieds, sa cheffe est pire —le divorce se passe mal— ce n’est pas une bonne période. Elle pense aux vacances qui arrivent bientôt. Elle a hâte. Changer d’air, se retrouver tous les deux, dormir, rester traîner au lit toute la journée, se faire des bisous, des câlins… Oui, elle a hâte. Ça fera du bien à son humeur aussi, qui est plutôt du côté « massacrante » du cadran.

C’est sans doute pour ça qu’elle est en travers de ses genoux, encore. Elle a fait la tête toute la soirée, et il n’a pas aimé. Elle a peut-être eu des mots un peu déplacés, aussi. Enfin, c’est vrai qu’il faisait un peu chier, quoi…

« Pardon ?! »

Ah. Elle a pensé tout haut.

« Non, je veux dire… Euh…

— Tu veux dire que je te fais chier, oui.

— Non, puis euh, suer, hein, s’il te… Aaaaaaïe ! »

Elle l’a bien sentie, celle-là. Les robes d’été, ça ne sert à rien. Il la tient en place. Sa main continue son va-et-vient. Droite, gauche, droite, gauche… Apparemment, le ménage, ça muscle. Il a le sens du rythme, en plus, un vrai métronome.

« Tu ne manques pas d’air, Julie…

— Mais non mais…

— Mais quoi ?

— Je le pensais pas, je… euh…

—  Tu pensais tout haut, non ?

— Oui…

— Mais tu ne le pensais pas ?

— Hum…

— Je t’écoute ?

— C’est pas ce que tu crois…

— Ah non ? Ce n’est pas de moi que tu parlais ?

— Euh… Je peux te mentir ? »

Il relève la robe d’un geste brusque. Apparemment, la réponse est non. Elle sent juste le petit coup d’air frais sur ses fesses déjà roses. Elle n’en profite pas longtemps. Il passe un doigt le long de sa culotte pour la rajuster —l’esthétique, il aime— et il recommence à la fesser.

«  Je sais que tu es fatiguée…

— Oui…

— Mais ça n’excuse pas tout

— Je sais…

— Ça ne te donne pas le droit d’être désagréable.

— Je sais…

— Insolente… Insultante… »

Il ponctue ses mots de claques bien senties, à pleine main. Elle aime caresser ses bras, elle aime sentir ses muscles sous sa peau, mais là, elle sent bien le poids desdits muscles derrière la main qui tombe sans relâche sur sa croupe.

« Tu me fais mal…

— Tu crois ?

— Voui…

— C’est peut-être voulu…

— Oh bah non, c’est pas ton genre…

— Et c’est quoi, mon genre ?

— Le genre ours…

— C’est-à-dire ?

— Ben… Bourru, poilu, mais tout doux…

— C’est une peluche que tu veux, en fait ?

— Ah bah aussi, oui… »

Elle gémit. C’est bien gentil de faire de l’humour, mais pendant ce temps-là, il ne ralentit pas la cadence, et il ne faiblit pas. La muscu, c’est fini ; elle va lui dire. Elle tient un minimum à ses fesses.

« S’il te plaît…

— Je t’ai dit que c’était fini ?

— Non…

— Alors, tu pense que tu as été assez punie ?

— Je… Si je dis oui, tu ne vas pas être content…

— Tu commence à avoir l’habitude, hein…

— Oui…

— Tu crois que c’est une bonne chose, Julie ?

— Non… Mais…

— Mais ?

— Je suis beaucoup plus sage qu’avant…

— Oui…

— Et je suis fatiguée…

— Moui…

— Alors, euh… Un peu de clémence, ce serait bien…

— Ah, tu crois ?

— Oui… Puis… ce n’était pas si grave…

— Ah. C’est toi qui décide de ce qui est grave ou pas, alors ?

— Non, non… »

Il joue avec l’élastique de la culotte.

« Non, s’il te plaît… Je serai sage, je serai toute gentille…

— C’est ce que tu dis à chaque fois…

— Je te le promets… »

La culotte descend.

« Non… Non, s’il te plaît… »

Elle la sent glisser le long des ses fesses, le long de ses cuisses. Elle gémit.

« C’est pas juste… »

Il la retire complètement et lui claque les fesses une dernière fois.

« Au coin.

— Quoi ?

— Tu m’as très bien entendu.

— Mais pourquoi tu me l’as enlevée ?

— Parce qu’à partir de maintenant, tu n’en porteras plus.

— Hein ? Ah non ! Il fait chaud, je suis en robe ou en jupe tous les jours, là…

— C’est ballot, hein ?

— T’as pas le droit…

— Ah non ?

— Non…

— T’es sûre ?

—…

— Je me disais bien.

— Mais…

— Oui ?

— Jusqu’à quand ?

— Au moins jusqu’aux vacances…

— T’abuses…

— T’adores ça.

— Oui mais t’abuses quand même…

— Il me semble que je t’ai dit d’aller au coin.

— Je suis bien sur tes genoux, au final…

— Ah oui ?»

Il lui caresse les fesses, doucement. Elle fait la grimace et frémit un peu. Les cuisses, les hanches. Elle soupire doucement, un sourire aux lèvres.

« Oui…

— Tu crois que de la crème ça pourrait aider ton humeur ?

— Peut-être, hein…

— Et plus de caresses ?

— Ah bah oui, hein…

— Et quoi d’autre ?

— Ben… Ma culotte ? »

Il lui passe la main entre les cuisses.

« Si c’est pour la salir, jeune fille, ce n’est pas la peine… »

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À vos marques…

Elle se tourne, tord son cou, tire sur sa culotte. Nooooooon… C’est pas possible, elle n’y crois pas. Pourtant, elle commence à avoir l’habitude des belles marques. Mais là… C’est jaune, c’est bleu, c’est mauve, c’est sombre, c’est… Beau ?

Elle se plaint, elle lui dit qu’il abuse, franchement, il pourrait y aller un peu plus soft. Il sourit. Ah bah il est fier, en plus ? Pfff… Elle rouspète, elle souffle, mais elle est contente. Les marques, c’est aussi son appartenance. Elle est à lui. Elle ne l’appelle pas maître, elle n’est pas “sa soumise” ou son esclave, comme elle le lit par ailleurs, mais elle est sienne. Ils ne suivent pas de codes, ils n’ont pas signé de contrat. Les cases, elle n’aime pas ça, les normes, elle s’en fiche un peu. Ils sont comme ils sont et ça lui va très bien.

Elle a quand-même un safeword, au cas où, mais elle lui fait confiance. Il sait ce qui lui faut, et même s’il est sévère, il n’est jamais méchant. Elle l’aime. Il l’aime. Ils s’aiment. Rhoooo, les clichés à l’eau de rose… Mais elle est contente, elle est fière, quelque part, même si elle regrette les bêtises.

Mais quand même… Il y n’y a pas été de main morte… Et elle aime ça… Elle en veut encore. Elle passe la main sur ses fesses. Bon, en fait, ça pourra attendre. Mais juste quelques jours.

Douleurs

Elle pleure. Des larmes chaudes ruissellent le long de ses joues et elle garde les yeux fermés, se mord la lèvre, serre les poings en attendant le prochain coup qui ne tarde pas. Elle entend le bruit aigu de la canne qui fend l’air, le claquement sec du bois fin contre sa peau. La douleur arrive comme un tison qui la brûle. Elle ne veut pas crier. Elle ne se rend pas compte qu’elle l’a déjà fait. Cinq. Cinq et tout ce qu’elle peut penser c’est qu’elle n’en supportera pas plus. Et pourtant. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Il aime les comptes ronds. Onze… Elle pleure. Elle tape des pieds. Elle gémit, elle crie, elle sanglote, elle supplie. Ses mains restent devant elle, elle n’ose pas se protéger. Elle n’ose rien, elle est sage, elle promet.

Elle pleure. Sa respiration est haletante entre les sanglots. Il lui a mis sa culotte dans la bouche sous prétexte qu’elle faisait trop de bruit. S’il frappait moins fort, elle n’en serait pas là. Elle est penchée sur l’accoudoir du canapé, serrant un coussin humide de ses larmes. La ceinture tombe encore et encore, d’un côté, de l’autre. Il la tend entre chaque coup, se délecte du claquement sévère du cuir sur la peau. Elle garde les jambes tendues, croisées, les doigts de pieds recroquevillés. Elle serre les fesses, sans trop savoir si ça lui fait plus ou moins mal. Il ne compte pas. Il est visuel, aussi. Il couvre ses fesses uniformément, y laisse des marques sombres et douloureuses qu’elle gardera pour quelques jours. Elle serre les dents, elle est sage, elle promet.

Elle pleure. La brosse fait le va-et-vient d’une fesse à l’autre, y laissant sa morsure douloureuse. Ça claque, lourdement, bruyamment. Le bois s’écrase sur ses fesses, chaque coup plus douloureux que le précédent. Il est implacable, impitoyable, il ne lui laisse pas le temps de plaider, de réfléchir, de reprendre haleine. Elle s’agite sur ses genoux, fait de son mieux pour ne pas se dérober, la tête enfoncée dans le tissu du canapé. Elle veut que ça s’arrête, elle veut que ça s’arrête, elle veut que ça s’arrête. Il ne s’arrête pas. Ses jambes s’affolent, elle n’en peut plus. Elle agrippe son pantalon, gémit. Elle sait qu’elle mérite chaque coup. Elle supplie, elle est sage, elle promet.

Elle pleure. Il la tient dans ses bras. Ses mains passent dans ses cheveux, doucement. Il lui dit qu’il l’aime. Il lui dit qu’il la croit. Il lui dit qu’elle fera mieux la prochaine fois. Elle s’accroche, elle s’agrippe à lui. Elle veut qu’il la serre plus fort et qu’il ne la laisse jamais partir. Elle essaye d’endiguer ses larmes sans le moindre effet. Il la laisse pleurer, il lui répète qu’il n’est pas fâché, qu’il n’est plus fâché. Il a confiance en elle, elle fait des efforts, il le sait. Elle hoche la tête, elle le serre. Elle ne veut rien d’autre. Elle l’aime, elle sera sage, elle promet.

Humeurs

Il est de mauvaise humeur. Elle le sait, il lui a dit. À la limite, ça lui va comme ça, elle préfère. Pas qu’il soit de mauvaise humeur, mais qu’il le lui ait dit tout de suite, en rentrant.  Le pire, c’est de ne pas savoir, de dire quelque chose, de faire une petite blague et bim ! La grosse engueu… réprimande. Là, elle sait qu’il vaut mieux qu’elle le laisse tranquille, lui donner de l’espace.

« Je te le dis tout de suite, c’était pas une bonne journée », c’est ce qu’il a dit en passant la porte.

« Et bonsoir, quand même ? »

Il lui a jeté un regard noir. Elle n’a pas insisté. N’empêche, il est bien gentil à insister pour qu’elle soit polie, mais lui quand il est en rogne… C’est bien les hommes, ça… Elle sait bien qu’une fois calmé, il viendra lui faire un bisou, voire deux, voire plus si elle le laisse faire. Mais ce soir, non, elle va lui dire. Elle n’a rien fait, elle. Elle a même été super sage, cette semaine. Elle l’est de plus en plus. Petit à petit, ça lui vient. Elle a moins à y penser. Elle range, elle ne dit plus de gros mots, elle paye les factures à temps, elle a même pris de l’avance dans son travail. Mais lui en ce moment… Il grogne.

Bon, pas contre elle, c’est bien, mais il ne lui dit plus qu’il est fier d’elle ; il ne la félicite pas. Elle sait qu’elle le fait aussi pour elle, et qu’au fond, même s’il ne le dit pas, il est fier de ses progrès, mais elle est un peu perdue, parfois. L’autre soir, il n’a même pas voulu dîner ; il est resté dans son bureau comme un ours dans sa caverne, c’est pas triste, ça ? Non, c’est sûr, ce soir, il lui dit. Elle regarde l’heure. Il a eu le temps de se calmer. Elle tape à la porte entrouverte de son bureau.

« T’es là ?

— Oui, qu’est ce qu’il y a ?

— Bah rien, je me sens un peu seule.

— J’ai du boulot.

— Oui oui, je ne vais pas te déranger longtemps… »

Elle pose la tête contre la porte. Il soupire.

« Je suis désolé, Julie. C’est pas terrible en ce moment.

— C’est pas grave…

— Ce n’est pas toi, tu sais.

— Ah bah oui, je sais.

— Tu fais tout bien en ce moment.

— Ah… Tu as vu ?

— Oui, bien sûr.

— Tu ne me le dis plus.

— Quoi ?

— Que tu es fier de moi.

— Je suis toujours fier de toi…

— Dis donc, toi ? Les mensonges ?

— Presque toujours ?

— Moui…

— C’est la fin de l’année, tu sais bien que c’est toujours un peu tendu.

— Oui, oui…

— C’est bientôt fini.

— Oui, je sais…

— …

— Bon, bah je te laisse travailler, hein…

— Tu ne m’embrasse pas ?

— Bah là, non…

— Ah. D’accord, ça fait plaisir…

— Ben comme ça tu auras peut-être envie de venir me voir, quoi…

— Julie…

— C’est pas grave, je te dis. »

Elle repart. Elle est encore plus triste, au final. Elle l’entend qui tapote sur son ordinateur. Bon, comme il veut. Elle prend le livre qu’elle essaye de terminer depuis un mois. Il lui reste une cinquantaine de pages mais elle ne trouve jamais le temps. Ou l’envie. Ou les deux. Elle pense à lui. Elle se tâte à faire une grosse bêtise. Au moins là… Pfff, non, c’est vraiment une attitude de gamine, ça. Elle n’est pas désespérée non plus. C’est lui qui va venir en s’excusant de l’avoir négligée, oh. Ce coup-ci, le gamin, c’est lui. Et en même temps, elle a envie d’une fessée. Le problème, quand elle est sage, c’est qu’elle est en manque, après. Elle relit la même page une cinquième fois. Elle voit les mots mais elle pense à autre chose. Elle entend la porte du bureau. Elle se redresse et prend un air concentré, tout à sa lecture. Il s’assoit à côté d’elle.

« Julie ?

— Mmmmh ?

— Je peux te déranger deux minutes ?

— Je lis, là.

— Ne me fais pas ça… C’est déjà compliqué…

— Et pour moi, c’est pas compliqué ? C’est agréable de marcher sur des oeufs en permanence, tu crois ?… »

Elle a l’air plus triste qu’en colère. Il ne dit rien, penaud. Elle lui caresse la joue, doucement.

« Je sais que tu es stressé, mais là c’est moi qui prends. C’est pas juste.

— Je sais, Julie, je sais bien.

— Et ?

— Je suis désolé.

— D’accord. Merci…

— Et…

— Oui ?

— Je me suis dit que de prendre un peu l’air, ça nous ferait du bien.

— Il est pas un peu tard, là ?

— Je veux dire le weekend prochain.

— Le weekend prochain ?

— Rome, ça te dit ?…

— Euh…

— Dis oui, j’ai pris les billets…

— À une condition…

— Oui ?

— Sage ou pas, tu me promets que tu m’en mettra une, là-bas…»

Réflexions

« Ben qu’est ce qu’il y a ? Ça ne va pas ?

— Mmmmh ?

— Je sais pas, tu as l’air tout triste.

— Non non, ça va.

— T’es sûr ?

— Oui oui.

— On m’a toujours dit que quand les gens disent «oui oui», ça veut dire non, en fait.

— Ouais bah là, ça veut dire oui, ok ?

— Bah te fâche pas…

— Je ne suis pas fâché.

— Tu veux pas en parler ?

— Julie !

— D’accord, d’accord. Tout va bien.

— Voilà. »

Elle se tait et attrape un coussin qu’elle prend dans ses bras.

« Si je faisais cette tête tu m’inonderais de questions jusqu’à ce que je te dise.

— N’importe quoi, je ne fais pas ça.

— Ah si, tu fais ça !

— Non…

— Ah si, si, tu es têtu.

— Sûrement pas autant que toi.

— Ah bah quand tu t’y mets…

— Pfff…

— Et tu sais bien que j’aime pas ça, en plus.

— Si t’aimes pas ça, pourquoi tu fais pareil ?

— Parce que ça m’inquiète de te voir comme ça…

— Julie… Ça va, je te dis…

— Je croyais qu’on se disait tout ?…

— Arrête, Ça n’a aucun rapport…

— Aucun rapport ? Il y a quelque chose, et je le vois bien.

— Moui…

— Et tu ne me dis pas quoi…

— Moui…

— Alors que tu me dis tout…

— …

— Donc ?

— C’est rien…

— Je te préviens, si tu me sors que c’est parce que la France a fait match nul, c’est toi qui te prends une fessée !

— Hahaha, n’importe quoi ! »

Il a un petit sourire, c’est déjà ça de pris. Elle se love contre lui, lui passe la main sur le torse, doucement.

« Tu me dis ?

— C’est rien, c’est bête.

— Ah bah si c’est bête, ce n’est pas rien, déjà.

— Tu vas jouer sur les mots ?

— Tu m’as bien formée, hein ?

— Rhooo…

— Je t’écoute, jeune homme !

— Non mais c’est quoi cette voix ?

— Ben… C’est toi quand t’es fâché.

— J’ai l’air constipé quand je suis fâché ?

— Ah bah merci… »

Elle fait la moue.

« Bon, tu me dis ?

— C’est juste que…

— Oui ?

— Tu crois que c’est normal, tout ça ?

— Tout ça quoi ?

— Ben nous, toi et moi…

— Quoi, toi et moi ?

— Notre relation…

— Ah… Ben oui, c’est normal que tu m’aimes à mourir, je suis géniale ! Tu as d’autres questions ?

— Julie… Je suis sérieux…

— Pardon… Qu’est ce qui te tracasse ?

— Tu crois que c’est normal que ça m’excite de te taper dessus ?

— Euh… Normal, j’en sais rien mais on s’en fiche, non ?

— Tu crois ?

— Je ne me plains pas…

— Un peu quand même…

— Oh mais c’est pour la forme, ça… »

Elle lui sourit et caresse son bras d’ours. Elle aime bien, elle trouve ça marrant de tracer des motifs dessus.

« Je ne suis pas une femme battue, hein, j’ai choisi.

— Choisi ?…

— Ce genre de relation ? Ça se fait à deux, non ?

— Oui. Bien sûr.

— Alors pourquoi tu t’inquiètes ?

— Tu crois que je suis un monstre ?

— Pardon ?

— Ben… J’aime la violence. Ça me fait bander de te taper dessus. J’aime voir des marques et des bleus sur tes fesses ; c’est pas normal, ça.

— Normal, normal, on s’en fiche de ce que les autres pensent.

— Je ne sais pas…

— Moi je ne vais pas voir ce qu’ils font au pieu, je fais ce que je veux dans le mien, et ça me va très bien comme ça. Et puis tu n’es pas une brute, tu t’occupes de moi.

— Oui enfin ça…

— Quoi ?

— Je pourrais m’occuper de toi sans te faire mal.

— Et moi, là-dedans ? Si j’ai envie d’être fessée ?

— Bah oui mais…

— Ah mais rien du tout, mon petit monsieur, on est au vingt-et-unième siècle ; mes fesses, j’en fais c’que j’veux.

— Oui m’dame.

— Là, très bien, je préfère ça. »

Elle lui pose un baiser sur les lèvres.

« Moi, tu me rends heureuse. Avec tes baisers autant qu’avec tes grosses paluches.

— Oui ?

— Promis.

— D’accord…

— Et tu sais ce qui me rend heureuse aussi ?

— Quoi ?

— C’est quand tu fais la cuisine. D’ailleurs, c’est ton tour ! »

 

Désordre

« Non mais Julie, c’est vraiment plus possible là.

— Bah quoi ? Je travaille !

— Non mais tu as vu l’état de ton bureau ?

— Oui bah…

— C’est pas croyable…

— Ben je m’y retrouve, moi…

— Vraiment ? Et ça, c’est quoi ?

— Ben… Un Fémina…

— Et ça ?

— Un rappel de facture… Te fâche pas, je m’en suis occupée !

— Mouais… Et ça ?

— Ça ressemble au compte-rendu du mois dernier…

— Et c’est normal que ce soit avec une pub de Picard ?

— Euh…

— Et la pile là ?

— Ah ça, c’est rien…

— C’est rien ?

— Juste des archives, il faut que je les ramène…

— Depuis ?

— Euh… Quelques mois… »

Il ferme les yeux, se pince la racine du nez et laisse échapper un long soupir.

« Au final, pour travailler, là…

— Oui ?

— Tu as besoin de quoi ?

— Ben ce dossier, là…

— Et ?

— Euh…

— C’est tout ?

— Ben… Oui ?

— Mais… Tout le reste ?

— Oh bah tu sais…

— Tu vas me ranger ça.

— Oui oui…

— Aujourd’hui.

— Ah…

— C’est bien compris ?

— T’es sûr ?…

— C’est bien compris, Julie ?

— Oui… J’ai compris… »

A sa grande surprise, le bureau est impeccable quand il y repasse plus tard dans la journée. Pas un papier qui traîne, un unique dossier sur la table près de l’ordinateur, tous les crayons et stylos dans un pot. L’agrafeuse est alignée avec le plan de travail. Elle se tourne vers lui.

« Coucou mon chéri ! Tu vois ? C’est tout propre !

— Ah bah je vois ça ! C’est bien, ma grande.

— Tu es content ?

— Ah bah là, oui, très ! Où sont tous tes trucs ?

— J’en ai mis dans la voiture, pour les ramener demain, et sinon ben… J’ai rangé, quoi.

— D’accord. Tu as trouvé de la place dans les placards ?

— Oui oui…

— Celui-ci ?

— Euh… Oui ? Tu me fais un bisou ? J’ai mérité, non ? »

Il sourit et s’avance vers elle pour l’embrasser. Elle voit son expression changer à mi chemin et il bifurque vers l’armoire qu’il ouvre en grand d’un seul geste. Comme dans un dessin animé, le contenu de l’armoire se déverse sur lui et vient d’écraser à ses pieds. Il se penche et ramasse un prospectus de chez Auchan. Il reste face à l’armoire. A ses épaules tendues, elle voit qu’il est furieux.

« Tu te fiches de moi ? »

Elle n’ose pas répondre et baisse la tête. Il se retourne, vas au bureau et balance le prospectus sur la table.

« Alors ?

— Je…

— Oui ?

— Tu m’avais dit de ranger le bureau…

— Et ?

— Ben y a rien sur le bureau, là… »

Il pointe le tas de paperasse en ruine au pied de l’armoire.

« Et ça, c’est quoi ? Hein ?

— Ben c’est pas sur le bureau…

— Est-ce que c’est rangé ?

— Bah là… non, forcément…

— Tu trouves ça drôle ?

— Non…

— Tu penses que bourrer un armoire de tout ton bazar c’est ranger ?

— Il n’y avait pas la place… »

Il jette un oeil vers l’autre armoire, de l’autre côté de la pièce et secoue la tête d’un air dépité.

« Allonge-toi sur le bureau.

— Non… S’il te plaît…

— Maintenant ! »

 

À quatre pattes, elle ramasse et trie les papiers par terre. Elle n’a qu’un t-shirt sur elle ; il ne l’a pas laissée se rhabiller. Elle sait qu’il l’observe, assis sur la chaise. Il en profite bien. Ses fesses sont brûlantes, elle sent les marques qu’il y a laissé. La piscine lundi avec Sophie et Véro, elle peut oublier. Elle va leur proposer une restau ou quelque chose. Enfin, si elle peut s’asseoir… Pfff… Elle s’y retrouvait très bien, dans son fatras. Bon, ça lui prenait du temps de faire en sorte que les piles ne s’écroulent pas, mais quand même… Tiens, promo sur la Häagen-Dazs, ça lui ferait du bien aux fesses. Ah non, c’était en février… Pfff, il a raison, et ça l’énerve. Puis elle sent bien son regard qui se balade sur ses fesses nues, son entrejambe, ses cuisses… Comment est-ce qu’elle est censée se concentrer ?

Elle termine de trier les papiers. Il est debout, derrière elle. Elle se retourne vers lui.

« Je peux m’habiller ?

— Ah bah je ne sais pas pourquoi, mais tous tes portes-jarretelles et tes bas sont tombés de l’armoire, dans la chambre… Je pense qu’ils n’étaient pas bien rangés… Il va falloir les trier, et tout… Tu m’aides ? »

Envies

Elle en a envie. Là, maintenant. Elle veut qu’il la prenne. Sur ses genoux, d’abord. Qu’il retrousse sa courte robe d’été d’un geste sec. Pas de blabla, une punition dans les règles. Elle veut le sentir attraper sa culotte, la baisser aux genoux, puis ses mains couvrant ses fesses de claques entrecoupées de caresses. Elle veut sentir son pantalon se tendre sous elle, sous son ventre, alors qu’il la fesse sans merci. Elle veut entendre sa respiration se faire plus haletante, comme la sienne. Elle aime ses bras, ses mains qui peuvent être douces et dures à la fois. Elle aime être sur ses genoux, impotente, soumise. Elle veut qu’il la maintienne en position, qu’il lui prenne le poignet ou le bras, qu’il le lui coince dans le dos pour l’empêcher de protéger ses pauvres fesses. Elle aime savoir qui commande, qui mène la danse. Il lui passerait la main sur l’entrejambe, lui ferait un commentaire sur l’effet qu’il lui fait. Il en est fier, elle le sait. Elle ne peut pas s’empêcher, dès qu’elle est dans ses bras… Alors sur ses genoux…

Elle crierait, elle gémirait, elle le supplierait. Il n’en aurait rien à faire. Des claques bruyantes, des cris, des petits “nons”. Il continuerait. Longtemps. Elle veut du rouge, elle veut que ça marque, qu’elle le sente longtemps. Il la ferait se lever, admirerait son oeuvre. Il aime lui faire voir, devant le miroir, en photo. Un artiste, il est fier. Elle en a toujours le souffle un peu coupé — ce sont mes fesses ? Si rouges ?

Puis il l’allongerait sur le lit, le temps de défaire sa ceinture —la noire, la plus large, celle qui marque— et il la fouetterait jusqu’aux larmes. Elle sait que ça lui plaît, les larmes, même si ça n’arrive pas souvent. Il aime le goût salé quand il l’embrasse après. Elle sait que ça l’excite encore plus. Elle aime ses penchants.

Elle veut ses mains sur son corps, sur sa taille, ses hanches, sur ses seins nus, sa robe sur le sol de la chambre. Elle veut que sa bouche l’explore, elle le veut entre ses cuisses, sur elle, en elle. Elle veut sa peau contre la sienne. Hors de question qu’il garde sa chemise, elle veut pouvoir sentir sa peau, y enfoncer ses ongles. Elle veut sentir son souffle à son oreille, ses muscles qui se tendent, elle veut qu’il la serre, fort, elle veut le faire jouir.

Lui ? Il regarde le match. France-Pérou, puis l’Argentine après, apparemment. “Pas ce soir”, il lui a dit. Pfff…

Au coin

« Je reviens.

— Tu vas où ?

— Tu verras.

— Tu fais vite ?

— Tu verras…

— S’il te plaît… “

Nue, les mains sur la tête, elle attend. Elle n’ose pas bouger : la dernière fois, ça lui a valu une avalanche de coups sur ses fesses déjà endolories. Il l’a mise face au mur, devant une photo de leur mariage. C’est pas très sympa, ça lui rappelle toutes les promesses qu’ils se sont faites. Il va sans doute aller chercher un instrument quelconque… Il aime bien ça, la nouveauté. Elle a eu le droit aux classiques, ceinture, brosses, cuillères et spatules, même des chaussons et des tongs… La télécommande, une fois, quand elle n’arrêtait pas de zapper ; ça, elle n’a vraiment pas aimé. Enfin, c’est pas comme si le reste lui faisait envie… Ah, il y est allé à la règle aussi, en plastique, en bois… Il n’a pas osé le métal (et puis quoi encore !), mais le côté écolière, ça ne lui plaît pas trop. Enfin, les petites jupes, oui… mais de toute façon, les couettes ou les tresses, c’est hors de question, elle l’a prévenu.

Quoi d’autre ? Une raquette de ping-pong (ça va), un paddle en cuir (ça ne va pas), un martinet (bof), une cravache (perdue dans le déménagement, quel dommaaaaage)… Il n’a pas testé la canne encore. Elle n’y tient pas. Les gros paddles en bois, ça lui fait peur. C’est pas trop son style, lui, heureusement. Enfin, il dit ça mais au final… Il aime bien tester, quoi. Elle se demande ce qu’il va bien pouvoir trouver.

Il est long, pfff… Mais qu’est-ce qu’il fiche ? Même dans sa tête, elle ne dit plus “foutre”, ça lui a valu bien trop de passages sur ses genoux, ou même de claques impromptues dans la rue en attendant de régler ça en rentrant. Il est un peu à cheval sur la politesse. Elle trouve ça mignon. Ça la fait un peu suer parfois, aussi. Ah ça, les “purées” et les “mercredis”, elle est rodée. Au moins, quand ils auront des enfants…

Bon. Elle a mal aux bras. Elle voudrait tourner la tête, mais si ça se trouve, il est assis derrière, à attendre la faute… Il n’est pas méchant mais il veut qu’elle obéisse, et parfois, il la teste un peu. Avec la musique, elle ne l’entendrait pas… En même temps, c’est nul, le coin. Ça ne sert à rien. Enfin si, à la faire ch… suer. Elle est sûre qu’il aime ça, savoir que ça l’embête. Elle change d’appui. C’est peut-être ça sa technique ? Lui faire autant mal aux pieds qu’aux fesses ?

Les minutes passent. Elles sont longues. Elle a envie de chantonner. Elle a du Coldplay dans la tête. Fix you. C’est pas très gai. Elle change. Placebo, Pure Morning. C’est mieux. Ils les ont vus en concert, c’était bien cool mais ils ne l’avaient pas jouée. Elle était déçue. Mêmes dans ses pensées, elle zappe. Muse ? Non, pas d’humeur. Keane ? Elle aime bien, mais elle a trop entendu. Sixpence quelque chose… Kiss Me. Elle adore, et puis c’est de circonstance, elle aimerait bien des bisous, là. Elle ne peut pas s’empêcher de chantonner. Forcément, il choisit ce moment pour revenir.

« Ah bah ça va, je vois que ça ne dérange pas trop, le coin, finalement ?

— Pfff… Mais non, c’est pas ça…

— Il faudra que je t’y envoie plus souvent…

— Non non. »

Elle ne s’est pas retournée, elle résiste.

« Tu as trouvé ce que tu cherchais ?

— Tu crois que je cherchais quelque chose ?

— C’était long…

— Boh, une dizaine de minutes…

— Tu plaisantes ? Ça fait dix mille ans que je suis là…

— Ah oui, quand même… Tu veux de la crème anti-ride ?

— Gna gna gna…

— Dis donc, toi ? C’est de l’insolence que j’entends ?

— Ah non ! C’est toi qui te moques… »

Elle l’entend s’approcher. Sa respiration s’accélère un peu, elle attend les claques. Elle ferme les yeux. Il passe ses bras autour d’elle, par derrière, et cale sa tête sur son épaule. Il lui embrasse le cou, tendrement. Elle baisse les bras, hésitante, et pose ses mains sur les siennes croisées. Elle ne dit rien et penche légèrement la tête vers la sienne. Elle est bien. Elle resterait comme ça pendant des heures. Dix mille ans. Rien que pour ces moments-là, le coin, ça vaut le coup.

Une lettre

Paris, le 14 juin

Mon chéri,

Je sais que je ne fais pas toujours tout comme il faut, loin de là. Je peux être impulsive, je peux être casse-pieds, je peux être fatigante, insolente, bordélique, un peu grossière parfois, j’oublie souvent des choses… Je sais que parfois, je te déçois ; parfois, je te fais honte ; parfois, tu es furieux contre moi ; parfois, je te rends juste triste ; parfois, tu dois te demander si je le fais exprès. Quand j’y pense, ça ne doit pas être facile tous les jours de me supporter, même avec mes bisous.

Et pourtant, tu restes, tu me grondes, tu me punis, tu me mets au coin, tu me donne des devoirs, tu me fesses —tu me fesses beaucoup, quand même—, tu me prives de dîner ou de culotte, tu me fais pleurer, tu me fais regretter mes bêtises. Tu t’occupes de moi, au final ; tu en as quelque chose à faire, et tu me rends meilleure de jour en jour. Tu ne te rends pas compte d’à quel point j’en ai besoin, de tout ça, et d’à quel point je t’en suis reconnaissante.

Alors, je voulais juste te remercier d’être là pour moi, de ne pas m’abandonner. Je me plains sans doute beaucoup, mais tu es patient avec moi, sévère quand j’en ai besoin, tendre quand il faut, et un peu des deux au quotidien. À ta place, je serais partie depuis bien longtemps, j’aurai trouvé une petite nana sans histoires qui ne te ferait pas tourner chèvre, qui ferait mieux la cuisine, qui oserait tout au plumard, qui ne laisserait pas traîner ses affaires partout… Le rêve, quoi. Mais toi, tu restes. Tu restes et, quand tu m’as assez punie, tu me prends dans tes bras . Tu me dis que tu m’aimes, tu me dis même que tu es fier de moi.

Merci, mon chéri, merci d’être exactement l’homme dont j’ai besoin, merci de me faire faire des efforts tous les jours. Je veux que tu sois fier de moi, je veux que tu sois content, et je te promets que je ferais toujours de mon mieux, même s’il y aura des accidents et des petits détours sur la route. 

Je t’aime.

Julie

 

p.s. : j’ai fait une bêtise, mais je crois que tu ne m’en voudras pas trop d’avoir un peu explosé le budget lingerie ce mois-ci… Tu verras, c’est de la dentelle, c’est noir, et ça ira très bien avec du rouge vif en dessous…

Désobéissance

Il marche d’un pas rapide, le visage fermé, la traînant presque par la main. Clairement, il est fâché. Elle trottine sur ses talons en priant à chaque pas de ne pas se tordre une cheville.

«  S’il te plaît…

— Alors là, non, tu rêves.

— Mais c’est pas si grave…

— Quand je te dis de faire quelque chose, tu le fais.

— Mais j’aime pas…

— Et ? C’est toi qui décides de tes punitions, maintenant ?

— Non, mais…

— Mais quoi, Julie ?

— Mais j’aime pas…

— Et c’est peut-être le but, tu ne crois pas ?

— Oui bah j’aime pas…

— J’ai compris ça, oui.

— Te fâche pas…

— Je suis déjà fâché.

— Oui mais faut pas…

— Tu me désobéis et tu penses que je ne vais pas être fâché ?

— Si mais…

— Mais ?

— Mais c’est juste une culotte…

— Je t’ai dit quoi avant de partir ?

— De ne pas en mettre…

— Il me semble même que je te l’ai enlevée.

— Oui…

— Et toi, tu es allée la remettre derrière mon dos.

— Je ne pensais pas que tu remarquerais…

— Ah bah ça aura duré un petit moment…

— Si tu n’avais pas les mains baladeuses, aussi…

— Pardon ?

— Non mais ça, je ne me plains pas…

— Et donc, tu pensais juste que je n’allais pas remarquer ? Tu comptais faire quoi en rentrant, t’éclipser vite fait pour l’enlever ?

— J’avais pas réfléchi jusque-là…

— Tu n’as pas réfléchi…

— Non…

— C’est peut-être le problème… »

Ils sont de retour devant la porte de l’immeuble. Un coup de badge plus tard, ils sont dans le hall. La porte se referme bruyamment derrière lui.

« Tu l’enlèves.

— Quoi, maintenant ? Ici ?

— Maintenant.

— T’es fou ?

— Tu vas me désobéir une deuxième fois ?

— Non, mais…

— Mais rien du tout. Maintenant.

— Mais si quelqu’un descend ou quoi ?

— Tu préfères qu’ils tombent sur une fessée ?

— Parle pas si fort !

— Je vais compter jusqu’à trois.

— Non, non, c’est bon… »

Elle se penche et, soulevant sa jupe le moins possible, fait glisser sa culotte le long de ses jambes. Elle a le feu aux joues. Elle lui fait passer ses pieds et lui la tend.

« Voilà… On peut ressortir, maintenant ?

— Non.

— Hein ? Mais… »

Il pointe l’ascenseur du doigt.

« On a deux-trois choses à régler avant.

— On pourra faire ça en rentrant…

— On est rentré, là.

— Non, s’il te plaît… Je serai super sage, et j’ai pas de culotte, déjà.

— Comme ça devait être quand on est sorti.

— Tu ne vas pas me faire me balader avec les fesses rouges, en plus…

— Ce ne sera pas la première fois.

— Moui… Mais là…

— Tu n’avais qu’à obéir. »

Il appuie sur le bouton d’appel. Les portes s’ouvrent et il l’y emmène, la tenant par le bras. Déjà qu’en temps normal, les ascenseurs, elle n’aime pas trop ça… Elle n’en mène pas large. D’autant moins que les claques commencent déjà à tomber par-dessus sa jupe. Elle gémit, priant intérieurement pour que personne n’ait appelé l’ascenseur aux étages. Elle est sûre que tout l’immeuble entend le bruit des claques. Pourvus qu’ils soient tous chez eux, à écouter du hard-rock très, très fort. Avec sa fine jupe comme seule protection, elle sent que ses fesses sont déjà en train de rougir. Les portes s’ouvrent. Personne dans le couloir. Elle pousse un soupir de soulagement.

Il ferme la porte de leur appartement derrière eux et la mène jusqu’à la chambre. Sa brosse à cheveux est restée sur sa table de nuit. Il s’assoit sur le lit et lui indique ses genoux. Elle s’y love sans résister, soulève même sa jupe, espérant un peu de clémence. Le bois froid soulage très temporairement ses fesses déjà endolories. Il lève la brosse.

Une fois au coin, les mains sur la tête, des larmes coulant encore sur ses joues, les fesses comme un pivoine, elle l’entend approcher.

« Sur les sites que tu m’as montré, là…

— Oui ?…

— Ça a l’air assez commun, les plugs, ce genre de choses…

— Moui… Peut-être…

— Il paraît même qu’on peut sortir se balader avec. »

Elle rougit, se mord la lèvre et tourne la tête vers lui. Il a un grand sourire.

« Sans la culotte, ce sera déjà assez, je t’assure…

— Tu as voulu te ficher de moi, je ne vais pas laisser ça passer.

— Mais tu m’as punie…

— Oui, et donc je peux espérer que tu ne désobéiras plus ?

— Oui…

— Donc on va ressortir, et on va aller faire un petit tour dans un sex-shop, te trouver un joli petit cadeau.

— Très, très petit… S’il te plaît… »