La confiance règne

«Dis, tu me fais confiance?

—Euh… En général oui, pourquoi ?

—En général ?

—Bah quand tu me poses ce genre de question, je me demande un peu…

—Non non, c’est juste une question…

—Ah oui ? Juste une question ?

—Oui oui… Juste une—

—Juliiie ?

—Oui mon chérie d’amour ?

—Qu’est ce que t’as fait ?

—Mais, euh, rien !

—Qu’est ce que t’as pas fait, alors ?

—Je… Ne t’ai pas donné assez de bisous aujourd’hui, mon nounours adoré ?

—Mouais, tu vois Julie, j’ai de moins en moins confiance, là…

—Mais, mon roudoudou d’amour…

—Mmh, la confiance négative, ça s’appelle comment ?

—…

—Julie ? Il y a quelque chose que tu veux me dire ?

—Rien que je veuille dire, non…

—Et quelque chose que tu devrais me dire, alors ?

—Oui, je devrais p’têt…

—Parce que je serai encore plus fâché si je le découvre plus tard ?

—Tu n’es pas obligé d’être fâché, hein…

—Dis donc, ça doit être un sacré pot…

—Hein ?

—Ah bah oui, il doit être immense, le pot, vu le temps que tu mets à tourner autour…

—Dis, elle est un peu torturée, ta métaphore… Sadique va…

—Bon, comme les enfants, je vais compter jusqu’à trois…

—Rhoo, mais non…

—Un…

—Arrête, c’est la honte…

—Deux…

—S’il te plait…

—Tr-

—D’accooord! D’accord, stop!

—Alors ?

—J’ai p’têt oublié de payer la facture…

—Quelle facture ?

—Internet…

—Celle avec la relance ?

—Celle-là…

—Celle que tu m’as promis de faire le weekend dernier ?

—Oui…

—Celle qui dit que sinon on n’a plus internet ?

—Bah c’est la facture internet alors bon…

—Et ma réunion zoom demain ?

—Ben…

—Julie ?

—…

—Tu te fiches de moi ?»

Sans un mot, elle défait son pantalon et le baisse aux genoux, la culotte avec. Elle connait la chanson. Il lève les yeux au ciel. Il la prend sur ses genoux, la tient en place fermement.

«Franchement, t’es pas croyable…»

Il lève la main, profitant de la vue un instant. La première claque s’abat, brève et sèche. Elle gémit et serre les fesses.

«Ah ! Je le savais !» dit-elle, triomphante.

«Quoi ?

—Que tu me faisais pas confiance !

—Hein ?

—Rhoo, je l’ai payée, la facture…

—Quoi ?

—C’était pour voir si tu me faisais conf… Aïe ! Mais ! Aïïïe ! Arrête !»

Une centaine de claques et beaucoup de larmes plus tard, elle se love dans ses bras, la moue aux lèvres.

«C’est pas juste…

—Julie…

—C’était pas vrai…

—Exactement, c’était pas vrai, et les mensonges, Julie, c’est non !»

Happy New Year!

A follow-up to yesterday’s little teasing brat!

From the bottom of my cold, cold heart, I love you all, and wish you and your loved one a wonderful 2021, full of love, happiness and success!

Have a good one, everybody!

Et sois sage, toi…

Belle

Elle fait la moue et se tortille devant le miroir.

«Mais oui, t’es belle, Julie…

–Mouais…

–Bah si…

–Forcément, tu dis ça, t’as pas l’choix…

–J’ai le choix, et t’es belle.

–Moui…

–Je te le dis tous les jours…

–Oui mais à force… J’y crois plus, c’est l’effet de répétition, tu vois ?

–Ah… Donc si je te dis tous les jours que t’es moche…

–Pfff, t’es vraiment nul…»

Elle prend sa poitrine dans ses mains.

«Et mes seins, ils sont comment ?

–Ils sont… très bien ? C’est quoi cette question ?

–Et mon cul ?

–Elles sont parfaites, tes fesses, Julie; tu sais bien que j’adore tes fesses…

–Moui…

–Tu veux juste des compliments ?

–S’ils sont sincères…

–Ah…»

Elle fait la moue et fronce les sourcils.

«T’es vraiment, vraiment nul…

–Et toi t’es vraiment, vraiment belle, alors arrête de t’en faire comme ça…

–Moui…

–Bon, il y a bien un petit truc…

–Je le savais ! Tu me trouves dégoûtante…

–Mais non, c’est pas grand chose…

–Quoi, vas-y, dis ?

–Bah tes fesses…»

Elle le regarde. Il la regarde. Elle lève les yeux au ciel.

«Elles sont un peu trop blanches, c’est ça ?

–Bah…

–Elles seraient mieux avec un peu de rouge ?

–Beaucoup de rouge ?

–Ah oui ?

–Je t’assure…

–Je vois… Et tu crois que ça va se faire tout seul, ça ?

–Non, mais si tu viens par ici, je vais t’aider…

Une demi-heure plus tard, elle se tortille de nouveau devant le miroir, regardant par dessus son épaule. Il avait raison, le saligaud, c’est beaucoup mieux avec du rouge…

Sources

«Dis?

—Oui, ma belle?

—Tu me fais un câlin ?

—Je sais pas… Tu mérites ?

—Bah oui, hein. Toujours !

—C’est pas ce qu’on m’a dit…

—Ah oui, et c’est qui ‘on’ ?

—Oh bah tu sais, j’ai mes sources…

—Mouais, des sources…

—Très haut placées…

—Ah oui? Je voyais ça plus bas…

—Plus bas ?

—Ouais, genre dans ton…

—Pfff, c’est fin ça, Julie…»

Elle lui tire la langue.

«C’est toi qui m’accuses !

—J’ai tort ?

—Voui, je suis un ange ces jours-ci…

—Carrément ?

—Bah ouais. J’ai payé la facture de gaz en temps et en heure, la cuisine est nickel, pas un mél en retard au boulot. Un ange, je te dis.

—Donc on va ignorer le caprice d’hier soir, les gros mots ce matin…

—C’est le foutu réveil !

—Les gros mots d’aujourd’hui, donc…

—Pfff…

—Ton linge par terre de ton côté du lit, ta tasse de thé qui moisit sur la table basse…

—C’est rien ça…

—Le dossier que t’as pas encore fini qui devait être sur le bureau de ta cheffe la semaine dernière dernier délai…

—Oui euh…

—L’assurance de la voiture…

—Euh…

—Ta plante verte qui se meurt…

—T’abuses…

—T’as pas fini tes mots croisés…

—Non mais…

—Tu ne t’es pas assez hydratée aujourd’hui…

—Oui, bon, j’ai pas fait la paix dans le monde non plus, hein..

—Je sais ! Mes sources…

—Ah oui, tes sources… ‘Savent tout… C’est comme Google…

—Ce qu’elles savent, c’est qu’avant ton câlin, tu vas venir sur mes genoux…

—Ah oui ?

—C’est ce qu’elles me disent…

—Elle prédisent l’avenir en plus ?

—C’est comme la météo, vague de chaleur sur les fesses de Julie.

—Je sors le bikini, alors ?

—On va faire ‘plage nudiste’, plutôt.

—Ça me va, mais après j’ai un câlin, oui ?

—Après, t’en auras plein.»

Chocolat

« J’ai faim.

—Mais non, t’as pas faim.

—Ah bah merci, je crois que je sais mieux que toi, quand même…

—Julie, on vient de manger.

—Et ?

—T’as dévoré les profiteroles.

—Et ?

—Et t’as eu assez. T’as pas faim.

—Mais si !

—Ah oui ?

—Oui…

—Faim de quoi ?

—C’est une question piège, ça…

—Non, non…

—Je te connais…

—Non, non, dis-moi, tu veux quoi ? Un bol de soupe ?

—Non…

—Brocolis-vapeur ?

—Non…

—Bah t’aimes bien les brocolis, pourtant…

—Oui mais pas là…

—Ah non ?

—Non…

—Et donc, Julie, t’as faim de quoi ?

—De tes bisous ?

—C’est vrai ? »

Il l’embrasse.

« Voilà ! Problème réglé !

—Moui…

—Quoi ?

—Bah j’ai encore faim…

—Tu veux un autre bisou ?

—Euh… »

Il la fixe du regard.

« Tu veux du chocolat, hein ?

—Put… rée oui, je veux du chocolat. Tout le chocolat. Donne-moi-le. S’te plaaaait…

—Non, Julie…

—Just un ‘tit bout. Tout petit, un carré. Ou deux. Ou plus, si t’es gentil.

—Non. Tu sais ce que le médecin a dit.

—Non mais ça va, elle a dit qu’il fallait que je fasse plus attention, pas que j’allais claquer pour un carré de chocolat…

—Oui, et qu’est-ce qu’on a décidé ?

—…

—Julie ?

—Que j’allais perdre 5 kilos…

—Voilà… Les profiteroles, c’était ton écart hebdomadaire…

—Oui mais j’ai pas l’habitude de devoir faire attention, moi !

—Je sais bien ! C’est pour ça que je t’ai à l’œil !

—Pfff…

—Quoi pfff ?

—Tu vas me fesser pour un bout de chocolat ?

—Non, puisque tu ne vas pas avoir de chocolat.

—…

—Quoi ?

—Et si tu me fesses là, tout de suite… Avec la spatule, puisque t’aimes ça… J’aurai un chocolat après ? »

Debout

« Bonjour toi…
—Mmmg, qu’est ce que tu veux ?
—P’tit dèj au lit ?
—Gmmbl…
—Oui ? Non ?
—Mais comment t’as tellement d’énergie, toi ? C’est le milieu de la nuit…
—Mais non, il est six heures et demie… »
Tournée sur le flanc, elle prend l’oreiller et se le presse sur la tête.
« Laisse-moi dormiiir, » fait une petite voix sous l’oreiller.
La main s’abat gentiment sur sa fesse gauche. Elle pouffe.
« Allez, Julie…
—Non… »
La fesse droite prend la claque suivante, un peu plus forte.
« T’es sûre ?
—Ah oui, sûre de sûre… »
Une paire de claques plus tard, elle se mord la lèvre.
« Tu sais, ça ne donne pas envie de se lever…
—Ah non ?
—Non… Ça donne envie de rester au lit à faire des cochonneries… »
Il passe sa main sous la culotte qui couvre à peine les fesses de la belle au lit chouinant. Il la baisse lentement tandis qu’elle frissonne. La main se perd un instant entre ses cuisses.
« Ah bah dis donc, tu ne perds pas de temps…
—Tu veux te plaindre ?
—Ah bah oui, un peu de décence, s’il te plait, je me réveille, moi… »
La main se retire, provocant un autre frisson, et s’abat sur les fesses nues. Le délicieux bruit envahit la chambre à coucher, métronomique, ponctué de petits cris et gémissements. Elle se tourne, sur le ventre, et se cambre, offrant ses fesses à leur persécuteur. Tandis que sa main à lui lui fait mal, sa main à elle lui fait du bien. Le frisson devient tremblement, et elle étouffe ses gémissements dans le duvet. Satisfaite, elle se recroqueville et sourit. Il s’allonge auprès d’elle.
« Comme je disais, bonjour, toi…
—Oui, c’est un jour pas trop mal pour l’instant… »

Et m…

—Putain!

—Julie…

—Non! Merde, putain !

—Julie…

—Non, j’te dis !

—Oui, oui, mais…

—Non! Putain de bordel de merde, même.

—Okay, t’es pas contente..

—Ils se foutent de nous !

—Moui mais…

—Il ne sort qu’après 21h, le virus ?

—Non.

—Il est sage et poli, le virus, il ne s’approche pas des zones scolaires?

—Non…

—Alors merde!

—Ton—

—M’en fous d’mon langage !

—Mais-

—Non! Là, j’ai le droit, j’ai besoin.

—Julie…

—Non.

—Okay…

—Fais pas cette tête, ça m’énerve encore plus…

—Quelle tête?

—Ta tête de déçu qui en attendait mieux de moi.

—Rhoo…

—Je la connais, cette tête, hein…

—Okay, je change de tête, et toi tu change de ton, oui ?

—Moui…

—P’tite fessée pour te détendre ?…

—Moui… Mais pas la brosse.

—Non ?

—J’aime pas la brosse. Je veux tes mains. Et ne lésine pas sur les caresses…

.

.

.

Blague à part, courage, la France. On pense à vous.

Toute belle

Il ferme la porte d’entrée et pose son attaché-case au pied du mur. Elle l’attendait, les mains derrière le dos, la tête baissée, comme toujours. Il défait son manteau et le suspend, puis, enfin, il lui pose un baiser sur la joue.

Chantonnant, il va jusqu’au bureau, la laissant plantée au milieu du couloir.

Il est gonflé. Pas un mot, pas un petit commentaire, même pas un ‘je t’aime’. Il n’a pas l’air fâché, pourtant ? Juste un bisou sur la joue ? Elle ne comprend pas. Elle s’était faite toute belle, le maquillage, les ongles, les cheveux… Pas un commentaire. Rien. Non mais les hommes, des fois…

Une moue aux lèvres, et le suit et passe la tête dans l’entrebâillement de la porte de son bureau.

“—Tu ne remarques rien ?” minaude-t-elle.

Son regard se pose sur le paddle qui trône en évidence au milieu du bureau. Ses yeux s’écarquillent. Il lui fait signe d’entrer.

“—Mais…

—T’es belle, dis-donc, Julie…

—Ah bah quand même…

—Quoi ?

—Bah t’as remarqué…

—Ah ça oui, j’ai remarqué…

—Ça ne te plait pas ?

—Ah si, si, t’es magnifique…

—Mais, le paddle ?…

—Ils sont bien, tes ongles, dis-donc…

—Oui…?

—On dirait presque que tu as été chez l’esthéticienne…

—…

—Et puis les cheveux… La coupe, la couleur…

—Oui…

—Pédicure, aussi ?

—Peut-être…

—Autre chose ?

—Ben…

—Oui ?

—Épilation…

—Je vois… Et qu’est ce qu’on a dit le mois dernier, Julie ?

—Le mois dernier ? Euh… C’est loin, ça…

—Réfléchis…

—On a dit… Que je pouvais me faire toute belle pour le plus chanceux des amoureux ?

—Pas exactement, non…

—On a dit qu’avec la COVID et tout le tralala, il me fallait quelque chose pour me remonter le moral ?

—Non plus, non…

—On a dit… Que…

—Sérieusement, ce coup-ci…

—Pfff… Que j’ai trop dépensé le mois dernier chez l’esthéticienne…

—Et ?

—Et le coiffeur…

—Et ?

—Et que je devais me retenir…

—Sinon ?

—J’aurais pas de dessert ?

—Presque…

—S’te plait…

—Ah bah tu peux être privée de dessert aussi, c’est pas un problème…

—Non…

—Sur le bureau.

—Quoi ?

—Relève ta jupe et penche-toi sur le bureau.

—S’il te plait… Je suis désolée, d’accord ? J’avais besoin…

—On a fait un budget, oui ?

—Oui…

—C’était un peu juste, oui ?

—Oui…

—Tu as promis, oui ?

—Rhoo, oui, c’est bon…

—Sur le bureau.

—Oui m’sieur l’inspecteur des impôts…

—Il y a une taxe sur les mensonges, oui…

—Même pas drôle…

Elle retrousse sa jupe et se met en position, le cœur lourd. Les larmes vont gâcher son maquillage. Trente euros pour rien, pfff…

Réveil-matin

—Euh, Julie?

—Gruimmmm?

—Tu te lèves pas?

—Simmgrmmbl…

—Julie…

Elle tire la couette sur sa tête.

—Il est 7h, là, Julie…

—Mais non…

—Ah bah si…

—J’ai pas envie.

—Ah bah je vois ça…

—’Vais faire dodo, un peu, valà…

—Allez, debout, la miss.

—Même pas de croissants, p’tit dèj au lit?

—Euh… non?

—T’es nul.

—Et toi tu vas être en retard. Zou, à la douche!

—Non.

—Non?

—Non…

Il passe sa main sous la couette et la pose innocemment sur ses fesses.

—T’es sûre?

—…

Il tape ses fesses légèrement, une fois, deux fois, trois fois…

—Juliiiie…

—Pfff…

—Dernière chance.

—Ah bah ça, pas le temps pour une petite siestounette mais t’as le temps de me fesser, quoi. Franchement, c’est n’importe qu-

Il tire la couette d’un geste sec et sa main s’abat sans retenue sur le derrière offert —petite nuisette, petite dentelle, ça ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination. Elle gémit et essaye de se tourner sur le dos. Il la retient d’une main et lui flanque des claques plein les fesses de l’autre. Elle se plaint ; il n’écoute plus. Elle gigote et se tortille ; il la tient plus fermement. Elle lui dit que c’est pas juste ; il lui dit que, justement, il est la main vengeresse de la Justice. Elle ne trouve pas ça drôle ; il trouve ça hilarant.

Elle est réveillée. Ses fesses brûlent. C’est lundi. Une bonne semaine qui s’annonce, elle le sent… Surtout dans le bas du dos…

Jalouse

—Et ça, c’est qui?

—Ben c’est Catherine, c’est marqué.

—Et c’est qui, ça, Catherine ?

—Mais tu l’as rencontrée, Catherine, du boulot…

—Ah ouais?

—Ouais, 55 ans, trois gamins, la frange comme ça.

—Mouais… Et celle-là ? Élodie ?

—La femme d’Henri ?

—Elle s’appelle Élodie ?

—On a diné tous ensemble, Julie…

—Oui, oui… Sandy ? C’est quoi ce prénom ?

—L’américaine.

—Ah bah bravo, exotique, tout ça… t’es vraiment un beau sal—

—Sandy, la lesbienne américaine, oui.

—Ah…

—Oui… C’est bon, t’as fini ?

—De ?

—Da faire ta jalouse ?

—Chuis pas jalouse.

—Ah bah pourtant…

—Non.

—D’aaaaccord. Tu me donne mon portable ?

—Oui, une minute… Lise ?

—Ben ma maîtresse.

—Quoi ?!

—Oh non, oups, je suis découvert, trop ballot…

—Pffff, t’es bête…

—Et toi t’es jalouse.

—Oui. Tes mains, elles sont à moi.

—Juste mes mains ?

—Le reste aussi, mais là, c’est tes mains que je veux.

—Où ça ?

—Commence par mes fesses… Et ne te retiens pas…

—Sinon quoi ?

—Sinon j’appelle mon amant, oh !